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La scène reggae/dub française est bouillonnante d’actualité et a vu émerger nombre de talentueux artistes depuis une dizaine d’années. Les sound-system, festivals et autres promoteurs ont fleuri et les collaborations entre artistes dub au niveau mondial a renforcé le dynamisme de ce que l’on peut décrire aujourd’hui comme un mouvement. Manudigital fait partie du groupe restreint d’artistes dub français qui ont frappé les esprits et qui ont étendu leur popularité au-delà des frontières de l’hexagone.

Beatmaker, bassiste et producteur spécialisé dans le Reggae digital, Manudigital a également participé à l’enregistrement de nombreux albums. Il a collaboré avec une pléiade d’artistes tels que Alborosie, Beenie Man, Bounty Killer, Biga Ranx… Il crée de nombreux concepts comme les ‘Digital Session’  où le beatmaker s’entoure d’artistes français et internationaux comme Pupajim, Elephant Man ou encore Queen Omega. Ses diverses séries web sont partagées sur les réseaux sociaux dans le monde entier.

Si Manu fait le buzz, il fait aussi boom lorsqu’il « hit the stage ». Il vient de sortir son deuxième album « Bass Attack » déclaré comme « taillé pour le live ». Le jeudi 28 mars au Baril Roulant et Le vendredi 29 mars au Cabaret Lion d’Or, dans le cadre de la soirée anniversaire des 5 ans du collectif Pull-Up Selecta, nous aurons la chance de voir l’artiste pour sa première venue au Canada. Il sera accompagné pour l’occasion par le MC anglais Deemas J. On a voulu lui poser quelques questions avant sa venue.

Ça fait quoi de jouer dans une vidéo, à côté d’un Capelton assis sur un « trône » entouré par 5 reggae soldier jamaïcains ?

C’est un honneur pour moi de pouvoir réaliser ce genre de vidéo, et de voir que des artistes comme Capleton me donnent leur confiance ! En vrai je super fan de Capleton, mais je ne lui ai pas dit lol ! Je ne voulais pas qu’il me regarde comme un youth fan !! La session recording a été super top, mais c’est aussi tout ce qu’il y a autour qui était cool ! 3 minutes plus tôt, je ne pensais même pas à record cette vidéo !  C’est mon partenaire Sherkan (cameraman) qui m’a dit « Hey on va passer devant chez Capleton ! On s’y arrête y’a peut être moyen de faire quelque chose ! »,  je lui ai répondu « pourquoi pas » mais sans grande conviction ! Et hop après 30 minutes de discussion avec Capleton il me dit « let’s go ! » et BAM tu connais la suite !  

De tous les featuring video outdoor que tu as faits, quel est celui qui t’a le plus intimidé ? Celui qui a été le plus chaotique à mettre en place, celui où t’as eu le plus de plaisir à jouer et celui dont tu es le plus fier?

Au final, je crois qu’aucune session ne m’a vraiment intimidé ! Bien sûr, il y a toujours un petit stress, une petite pression, mais qui reste positive, qui me force à rester focus dans mon truc et à sortir le meilleur de moi. C’est un échange d’artiste à artiste, on parle de musique et la musique, ça, je connais bien ! Du coup je sais de quoi je parle et c’est ce qui me donne de la confiance ! En général les artistes jamaïcains aiment les personnes confiantes et sûres, donc au final toutes les sessions se passent super bien !!

La plus compliquée à réaliser n’a jamais vu le jour au final…  J’étais parti pour faire une session avec Mavado dans son quartier à Gully Side, et là il y avait beaucoup de bad men autour de lui !  Ça a été très long pour lui parler, tout le monde me regardait bizarrement … Normal quoi, le petit européen perdu dans le ghetto de Kingston !  Après discussion, Mavado m’a dit « Repasse dans quelques jours on fera ça », sauf que quelques jours après, il était parti pour les US… raté pour moi ! Ce moment de négociation n’a vraiment pas été le plus simple à gérer !!

Quant à la session où j’ai pris le plus de plaisir, c’est certainement celle avec Queen Omega lorsque j’étais à Trinidad ! C’était complètement ouf de pouvoir faire cette Digital Session chez elle après avoir produit ce même tune 5 ans auparavant pour le label Greatest Friends. C’était une façon de boucler la boucle !

Lorsque les gens te découvrent à travers tes incroyables vidéos et qu’ils décident de venir te voir sur scène, l’attente est forcement haute. Les vidéos sont virales, car la musique est bonne, les chanteurs talentueux et le contexte inusité ou magique. 
Selon toi qu’est-ce qui fait qu’ils repartent aussi convaincus de ton show que lorsqu’ils regardent tes vidéos ? 

Je pense qu’ils repartent toujours aussi convaincus, car sur scène l’énergie est forcément plus forte ! La musique est plus percussive, mes MC’s sont toujours affûtés et moi je suis le même. Je ne mens pas aux gens, je suis la même personne sur scène que sur mes vidéos, relax ! 

Toujours à propos de tes vidéos, dans plusieurs d’entre elles, on te voit dans ce qui semble être un beau home studio chez toi. Comment ça va avec tes voisins ?

Ahah ! Ça va très bien avec mes voisins, car je vis en région parisienne, mais tranquille à la campagne ! Du coup je peux pousser le son sans déranger qui que ce soit ! Le plus drôle c’est que la plupart de mes voisins ne savent pas vraiment ce que je fais ! Ils doivent certainement se dire que je joue dans un orchestre de bal musette lol ! Mes voisins sont plus vieux …

Tu partages régulièrement la scène avec des pointures internationales, quels sont les artistes avec lesquels tu t’es produit et qui t’ont particulièrement impressionné par leur talent et professionnalisme ? 

Le plus impressionnant pour moi ça a certainement été de me produire avec Bounty Killer sur le festival de Machel Montano, le « Machel Monday » à Trinidad ! Le mec a une aura de fou et ce soir-là il a fait une performance de malade ! Ça restera pour toujours un de mes meilleurs souvenirs sur scène ! 

Tu tournes beaucoup et depuis longtemps. Comment fais-tu pour te motiver et donner le meilleur de toi-même lorsque tu joues dans une petite ville en hiver au fin fond de la France par exemple ?

Je suis toujours motivé ! Ce n’est pas la taille de la salle ni du lieu qui fait le truc, c’est plus une question d’échange avec mon public ! Moi suis là pour donner l’impulsion sur scène et le public fait le reste c’est dingue ! J’ai aussi remarqué que c’est dans les pays où les gens ont le moins d’argent, par exemple dans les ghettos au Mexique que les concerts sont les plus ouf !

T’étais au Mexique et tu as fait aussi quelques autres dates ailleurs où tu as pu tester ton nouvel album. Comment est-il accueilli par le public ? Prends-tu plaisir à le jouer ?

C’est toujours super cool de pouvoir défendre son album sur scène ! Surtout « Bass Attack », que j’ai pensé pour la scène. Les tunes sont dynamiques et peuvent faire danser presque n’importe qui, je ne m’en lasse pas et le public me le rend bien ! Comme je te le disais plus haut, le public mexicain a été incroyable et c’est d’ailleurs le cas partout où je suis passé, j’espère que ça va continuer !!!   

Es-tu déjà venu au Québec ? Comment appréhendes-tu cette série de 3 dates chez tes cousins d’icitte ?

Et bien non je ne suis encore jamais venu au Québec, ce sera une grande première ! Ça va être une découverte pour moi, c’est super top ! J’ai vraiment hâte de venir découvrir le Québec et d’y partager ma musique !