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Il fait partie de ces artistes qui font avancer le dub, qui l’amènent ailleurs. À cheval entre le traditionnel dub jamaïcain et la novatrice bass music, ils dépoussièrent un genre méconnu et qui n’a historiquement pas été apprécié à sa juste valeur. À l’instar du Numa Crew, de Dubamine, d’Alpha Steppa ou d’OBF, Von D apporte un second souffle au dub et montre la voie vers des mondes faits d’expérimentations sonores. Chez Pull-Up on est particulièrement heureux d’accueillir un artiste de la trempe de Von D. On vous donne rendez-vous samedi 2 décembre au Divan Orange pour la dernière soirée Pull-Up de l’année en compagnie de Von D / Rico d’OBF / Sr Wilson.

T’es pas un jeune producer, peux-tu nous parler synthétiquement de tes différentes périodes ou des différents genres musicaux que tu as explorés dans ta carrière ?

Question très difficile mais si je devais résumer j’ai commencé à produire des tracks avec des sampleurs, synthés etc… aux alentours de 1996. Je jouais parallèlement de la batterie dans divers groupes reggae et funk. Pendant cette période, je faisais de la jungle, du dub, de la musique expérimentale. Tout ce qui me passait par la tête, je voulais juste explorer et découvrir des sons, des ambiances. J’étais obsédé par le son de King Tubby, je me demandais comment il faisait tout ça et c’est quelque chose que je trouve toujours aussi fascinant, même si j’en sais bien plus maintenant.

En 2006 j’ai monté un projet qui s’appelait ‘Liquid Wicked’ avec Ben Massala et Taiwan MC. On faisait du dub digital/dubstep en live avec des machines. On expérimentait beaucoup, on enregistrait des tracks avec des chanteurs jamaïcains comme Murray Man.

Après notre séparation, pendant une tournée en Chine, j’ai décidé de me consacrer à un projet perso nommé Von D.
J’avais besoin de me changer les idées et j’ai commencé à produire des tracks moins dub ou reggae mais toujours avec le même esprit, celui de la bass music. Ça a donné ce que les gens ont pu entendre sur mes 3 albums ainsi que sur beaucoup de sorties sur de bons labels. Je fais toujours les choses au feeling, sans trop de calculs. Je ne savais pas que ce projet prendrait autant d’ampleur, à tel point que je me suis retrouvé à parcourir le monde depuis 2008!

C’est le Von D dubstep/bass music que les gens connaissent (en tout cas en Amérique du Nord), comment et quand es-tu venu au reggae/dub ?

Après 3 albums studio, beaucoup de EP sur différents labels, beaucoup de tournées et de dates à l’étranger depuis 2009, je me suis remis en question. Je n’avais pas envie de refaire la même chose. Lorsque j’ai vu mes amis OBF et Stand High Patrol jouer sur des “handmade” sound system, je me suis totalement retrouvé dans cette ambiance, j’ai eu le déclic, la chair de poule au maximum et j’me suis dit “mais oui Jérôme, ça t’a énormément manqué tout ça”. Je suis donc retombé dedans. J’ai acheté beaucoup de matériel analogique et j’ai monté un studio hybride digital/analogique pour entamer cette deuxième naissance, mon retour à mes premiers amours.

Pour moi il est très important de faire évoluer les choses et les styles, j’ai donc pris une approche très traditionnelle du dub, avec des machines analogiques mais avec une perspective futuriste. Tout cela a donné ‘Analog Sound’ sorti sur un des labels de Mungo’s Hi-fi ‘Scrub a Dub’. J’ai senti que tout le monde avait compris le virage que je venais de prendre car le morceau a bien fonctionné. Ceux qui me connaissaient depuis le projet Liquid Wicked ont compris que je revenais à mes racines.


Moonshine, Dub-Stuy, Zam Zam Sounds, tu sembles attirer les regards dans le milieu dub. Qu’est-ce qui te fait tripper dans cette musique ? comment tu vois la suite ?

Ce nouvel envol ma donné une vibe qui ma permis de faire beaucoup de tracks dubstep avec un fort accent dub. Tout de suite les labels ont été intéressé. C’était un virage dans ma carrière, j’ai ressenti le besoin d’envoyer un signal fort, ce qui explique toutes ces sorties sur des bons labels de la scène dub.
La suite est claire pour moi, continuer à creuser mon propre sillon et repousser les limites du dub toujours plus loin avec un son authentique.

Es-tu déjà venu jouer au Canada, Amérique du Nord ou à Montréal. Que sais-tu du dub en ici ?

Oui je suis déjà venu au Canada, 4 fois à Vancouver, une ville que j’aime beaucoup, Edmonton, Calgary et Montreal en 2012. Je sais que le dub est très apprécié à Montréal.

As-tu un message pour les Montréalais ?
Montréal, j’ai hâte de vous revoir et de goûter à votre bon pot.

 

Crédits photo: Ali Mousavi et Mr Mitri