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Ne tournons pas autour du pot, les gars de Dub-Stuy sont des boss. Un fat soundsystem, des événements qui font boom, des releases qui caracolent en tête des charts, une comm’ efficace et une identité musicale qui rapproche deux courants musicaux qui ne se sont que trop rarement croisés dans l’histoire de la musique, le dub jamaïcain et la bass music. Pour la gang de Pull-Up, se lier avec les Brooklynois sonnait comme une évidence. Après un petit tour à Brooklyn l’été dernier, on a invité le crew avec Dubamine en octobre dernier pour ce qui a été une dope soirée. On remet ça le samedi 29 avril au Divan Orange mais cette fois-ci avec Dj Madd. Inclassable producteur au talent incontestable, Dj Madd sort l’électro et le reggae de leurs zones de confort. On a hâte de découvrir les nouveaux morceaux qu’il dévoilera spécialement pour l’occasion.

Pourquoi Madd ? Qu’est ce qui est, ou a été, tellement mad que tu as voulu utiliser ce nom ?

L’alias ‘Madd’ est venu de mon adolescence et de mes années graffiti. À l’époque beaucoup de collectifs de graffeurs ajoutaient 3 lettres à leurs noms, j’ai donc ajouté un d. J’aurais aimé avoir une histoire plus cool à raconter, mais that’s it. Haha!

Nous, les gars du Pull-Up Selecta Crew sommes des « oldtimers » de la scène électronique européenne. Nous aimons également le reggae et toutes les musiques jamaïcaines depuis un bout de temps. On aime ton travail, la qualité de tes productions et ce que l’on aime surtout c’est que ton son fait parfaitement le lien entre bass music et dub. Dis nous, pourquoi combines-tu ces deux styles ? Quand est-ce que le reggae est entré dans ta vie ?

J’adore la musique et la culture reggae depuis que je suis teenager, mais en même temps j’ai le sentiment que je ne serai jamais un DJ reggae au sens classique du terme. Même en grandissant, aucun de mes amis n’aimait le reggae ou le dub. J’ai donc décidé de m’orienter vers d’autres genres « with dubwise sounds ». C’est là que j’ai découvert la jungle & la drum and bass. J’ai toujours été fasciné par l’effet que cette musique a sur les gens, les même gens qui n’aimaient pas le reggae et n’iraient jamais dans une soirée reggae, dansaient intensément sur des vocales roots ou raga. Après quelques années, le dubstep est arrivé et j’ai immédiatement connecté avec ce genre. Le early Rusko ou les tounes de Tes La Rok avaient juste tout ce que je cherchais à l’époque: la vibe la plus proche de la « dubwise music » que je pouvais faire moi-même, sans quasiment aucune règle à suivre pour la faire. J’ai encore la même inspiration aujourd’hui: donner un twist moderne à des sons reggae ouvre les portes à un grand nombre de gens qui s’ouvrent et découvrent leur côté roots.

Parle nous de ta relation avec le label et crew Dub-Stuy.

Nous sommes bons amis avec la famille Dub-Stuy. C’est un collectif à l’état d’esprit ouvert, dans la vie et musicalement. Dub-Stuy, c’est pas juste un label parmi tant d’autres qui suit le troupeau et essaie de pousser ce que tout le monde veut écouter. Je pense que notre relation est forte, nous respectons le roots mais voulons définitivement amener le reggae ailleurs, lui donner un coup de neuf.

Ça sera pas ta première fois à Montréal, parle nous de tes performances précédentes. Comment perçois-tu la crowd montréalaise ?

J’ai pas passé beaucoup de temps à Montréal, mais je peux dire assurément que c’est une ville de fête. La dernière fois que j’y ai joué, c’était un de ces scénario ‘straight to airport from the club’ mais j’ai eu du bon temps. J’ai eu le temps de faire quelques bars et on y retrouve certainement la vibe la plus proche des pubs anglais d’Angleterre. Cette fois, je vais passer plus de temps et faire le touriste et explorer la ville.

C’est quoi ta définition de l’EDM ? 

À part sa définition originelle ‘Electronic Dance Music’, cela signifie pour moi une musique associée à une bonne dose de marketing. Je pense que les marques avaient plus besoin de l’EDM que le public. Aujourd’hui, à l’évocation du terme EDM on imagine immédiatement un événement avec plus de mille personnes, des jeux de lumières de malade, une musique boostée sur un gros système de son. Un monde très différent du mien, mais je ne juge pas pour autant. Je suis certain que beaucoup de gens ont cette musique, ce mouvement dans leur cœur et s’investissent pour la faire évoluer, mais personnellement, je m’interroge sur ma volonté à vouloir faire partie de cet empire de pub et de marketing.

Lorsqu’on lit ta bio, on voit que tu es Hongrois, que tu as vécu en Angleterre, au Japon et maintenant aux États-Unis. Est-ce que vivre dans tant d’endroits différents a aidé ta vie artistique ? C’est quoi le prochain spot ? Montréal ?

Oui, ça m’a aidé, et de bien des manières différentes. Vivre en Angleterre a définitivement aidé ma carrière, mais j’étais trop « confortable » là-bas et j’ai pensé qu’il était temps de reprendre la route. Le Japon a été une expérience formidable que je n’oublierai jamais. Vivre sur place m’a fait découvrir des endroits que je n’aurais jamais découverts si j’étais juste venu en voyage. J’ai rencontré tellement de gens incroyables, ça m’a loadé de good vibes pour la suite. Maintenant je suis à Toronto pour quelques mois avant de retourner aux US. Ces dernières années j’ai beaucoup bougé, alors je vais me poser un peu, monter mon studio et me plonger dans la musique.

As-tu un message pour le public qui envisage de venir le 29 avril au Divan Orange ?

Come down and party with us! Got tons of new music, all sorts of tempos and a bunch of vinyl to give out! See you all there!